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La ferme pour animaux rescapés du Seeland

8 février 2018
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Je suis tellement heureuse d’avoir découvert ce beau projet tout proche de chez moi et j’avais vraiment hâte de vous en parler : une ferme pour animaux rescapés. Mais qu’est-ce que c’est ?

L’arche des animaux du Seeland

C’est tout simplement un endroit où les animaux de rente peuvent couler des jours heureux, sans être exploités. Mais l’histoire de la ferme « Tierarche » est bien plus belle encore. Urs Marti a grandi dans cette ferme traditionnelle du Seeland bernois. Son père y produisait principalement du lait, grâce à une vingtaine de vaches laitières. Vegan depuis 15 ans, Urs n’était pas du tout intéressé à reprendre la ferme familiale, puisque l’exploitation de vaches n’est bien entendu pas en accord avec ses principes.

Puis, lui vint l’idée de transformer la ferme en sanctuaire pour animaux rescapés, ainsi que l’envie de cultiver des aliments bio. Il a bien sûr fallu convaincre le papa, qui s’est d’abord montré sceptique face aux ambitions de son fils. L’entretien d’une vache coûte environ CHF 250.- par mois. Comment allait-il pouvoir subsister sans les revenus de la production de lait ? La solution trouvée est le parrainage des pensionnaires, par des personnes privées ou des organisations. Et ça marche ! Plusieurs vaches ont déjà trouvé des parrains et marraines, de quoi rassurer le papa qui remettra la ferme officiellement à son fils au 1er janvier 2019. Mais il reste tout de même quelques animaux à soutenir. Pour une vache un parrainage partiel commence à CHF 25.- par mois. Mais il y a aussi des moutons. Trois pour le moment. Urs les a acheté sur Internet, car l’éleveur voulait les vendre à un abattoir parce que le dessin de leur laine n’était pas « conforme »… Pour un mouton, le parrainage partiel commence à CHF 5.- par mois.

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Une retraite bien méritée

Lors de notre visite de la ferme, Samanta, une vache de 9 ans, venait d’accoucher d’un petit veau d’à peine 2 jours. C’est la première fois que Samanta a pu garder son veau auprès d’elle après la naissance. Il faut savoir que dans une exploitation laitière, on retire les veaux à leur mère directement après la naissance. Il ne faudrait surtout pas qu’ils boivent le lait qui nous est destiné, non mais oh (à lire avec sarcasme hein!). Si vous faites encore partie de ces gens qui pensent (tout comme moi il y peu de temps) que les vaches produisent du lait à profusion, comme par magie et que nous leur rendons un énorme service en les soulageant par la traite, sachez que pour produire du lait, une vache doit avoir un bébé. Elle produit donc du lait maternel pour son veau, tout comme nous les femmes le faisons pour nos bébés. Ainsi, une vache laitière est inséminée chaque année pour être tout le temps en lactation. Elle portera son bébé 9 mois, tout comme nous les femmes, mais son bébé lui sera enlevé dès la naissance (tu imagines ?). Si le petit veau est une femelle, elle sera exploitée comme sa maman. Si c’est un mâle, il sera engraissé dans un petit iglou où il a à peine la place de bouger, jusqu’à l’âge d’environ 6 mois où il sera abattu pour finir en barquette à la Migros. Il y a des élevages où les veaux peuvent rester avec leur mère (sans boire leur lait, non mais oh), mais ils sont rares. Je ne vais pas entrer plus en détail sur la réalité de la production laitière. Cet article est sensé être tout mignon, tout chouette, mais je pouvais pas passer à côté de cette occasion pour éclairer quelques lanternes. Si vous voulez en savoir plus sur le sujet, je vous propose cet article de l’association suisse pour l’égalité animale PEA. Je vous incite à vous instruire sur le sujet pour continuer à consommer des produits laitiers en toute connaissance de cause (ou pas 🙂 ).

Revenons à nos moutons (et nos vaches). Le sanctuaire accueille actuellement quelques animaux rescapées, mais aussi la vingtaine de vaches laitières de l’exploitation familiale, qui prennent maintenant une retraite bien méritée. Depuis 2018, elle ne doivent plus se soumettre au calvaire de la traite quotidienne (ou deux ?) et elle ne seront donc plus inséminées. Urs Marti et sa compagne Leandra, profitent de cette année de reconversion pour faire quelques transformations dans la ferme, afin que toutes les vaches puissent se déplacer librement dans les locaux à disposition (ce qui n’est pas encore le cas actuellement pour les vaches laitières à la retraite).

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Des légumineuses, des céréales et des légumes en libre service

L’autre activité du couple, est la production de lentilles et de polenta sur les terres familiales. Ces deux produits sont d’ailleurs déjà en vente en circuit court. On peut les acheter via la Ruche qui dit oui, sur le site internet de la ferme ou directement chez eux, dans une jolie roulotte installée derrière la ferme. On peut même y acheter de la farine de mais et des lentilles en vrac. Juste a côté de la roulotte, Urs expérimente plusieurs cultures : soja, quinoa, chou-kale. Pour le moment pas de résultat concluant pour le soja ou le quinoa. Mais le chou-kale pousse à profusion en ce moment, en été ce sont les tomates qui sont abondantes et en automnes les jolies courges. On peut cueillir les légumes soi-même, les peser dans la roulotte et déposer l’argent dans la tirelire. Une chouette activité à faire avec les enfants. La roulotte est ouverte tous les jours de 8h30 à 18h30. J’ai déjà goûté les lentilles, elle sont délicieuses ! La production n’est pas encore certifiée bio, mais ils sont entrain de faire les démarches. Leur principe est une agriculture durable, qui ne se fait pas au détriment de la nature, des animaux ou des employés.

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Soutenir

Un magnifique projet, qui mérite d’être soutenu, vous ne trouvez pas ? Pour ma part, j’ai choisi de devenir marraine partielle de Samanta, la vache qui vient d’accoucher. L’une des seules à n’avoir encore aucun parrainage. En général, nous faisons toujours quelques dons en fin d’année, à des associations comme Greenpeace ou la Croix-rouge. Mais depuis que j’ai appris que les personnes qui vous accostent dans la rue pour essayer de vous faire singer une promesse de don, ne sont enfaite pas des bénévoles, mais des gens engagés par une agence de promotion qui n’ont peut-être aucun intérêt pour la cause en question, je préfère donner mon argent directement à des organisations qui défendent des causes qui me touchent. Je n’ai pas envie que 50% de mon don passe dans les caisses d’une agence marketing.

Samanta Tierarche

Un grand merci à Urs de nous avoir montré sa belle ferme. Les animaux ont fait le bonheur de nos enfants qui ne sont pas habitués à les voir de si près. Et chapeau bas au papa qui remet son exploitation pour une telle reconversion. Les monde à besoin de plus de personnes comme vous !

Que pensez-vous de ce projet ? Est-ce que cette cause vous touche ? C’est sympa quand-même d’offrir une retraite à ces vaches qui nous ont donné tout ce bon fromage, non ?

Ca me ferait plaisir d’avoir quelques avis en commentaire. Alors n’hésitez pas 🙂 . Et surtout partagez cet article sur les réseaux sociaux grâce aux boutons ci-dessous, afin de permettre à Samanta (et ses copines) de trouver d’autres personnes pour compléter son parrainage.

Belle journée!

Tina

PS: je ne suis pas végane, je consomme encore quelques produits laitiers en toute connaissance de cause. Donc loin de moi l’idée faire la morale à qui que ce soit avec le 4ème chapitre de cet article. J’avais envie de semer quelques graines qui peut-être germeront dans l’une de vos réflexions.

PS2: vous pouvez aussi juste faire un don.

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8 Commentaires

  • Répondre Aline 9 février 2018 at 8 h 06 min

    Magnifique article <3 Pour un magnifique projet. Je réfléchis à ce parainage depuis l’inauguration de la Ruche qui dit oui (tellement miam ces lentilles :p), je pense que je vais sauter le pas ! J’étais toute émue l’autre jour quand ils ont annoncé la naissance du petit veau qui allait pouvoir rester auprès de sa maman. Longue vie à tous ces animaux <3

  • Répondre G 9 février 2018 at 9 h 02 min

    Sympa, je voulais dire que ton blog est extra. Et j’aime bien le lire.

    ça me donne envie de lui prendre encore plus des légumes à la ruche qui dit oui 🙂

    • Répondre tina 9 février 2018 at 9 h 06 min

      Merci pour ton commentaire ! Pour l’instant il ne vend que ses lentilles par la ruche. Le reste, c’est directement chez lui 🙂

  • Répondre Virginie 9 février 2018 at 9 h 18 min

    Coucou,
    Un super projet 🙂
    Cela me donne envie d’aller y faire un petit tour avec les enfants et pourquoi pas de parrainer à un animal (et goûter sa polenta).
    Lors de l’inauguration de la Ruche qui dit oui, Urs était là et avait cuisiné des sortes de falafels (mais aux lentilles) tellement mais tellement bonnes!
    Bisous
    Virginie

    • Répondre tina 9 février 2018 at 9 h 29 min

      Oh la la, il faudra qu’il nous donne sa recette alors 🙂 Moi j’ai fais les lentilles en salade et toute la famille a adoré. Becs!

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